Les 1ères règles éditées en la matière datent de 1530 : écrites par ERASME de Rotterdam à l'intention d'Henri de Bourgogne, fils d'Adolphe, Prince de Veere, petit-fils d'Anne de Borsalen, marquise de Nassau, protectrice d'Erasme et future belle-fille de PHILIPPE LE BON. Ce traité est devenu, pour 3 siècles, un livre d'école.
En quelques chapitres, Erasme prodigue ses conseils sur les attitudes décentes ou indécentes du visage et du corps, sur la propreté et la tenue des vêtements, sur les "fonctions naturelles" , sur la tenue à table et sur le coucher.
De ces règles de civilité de l'époque Renaissance, certaines paraissent s'adresser à des barbares, tant les mœurs ont changé; d'autres ont gardé toute leur actualité car elles traduisent des observations de tous les temps. Enfin, pour le reste, on les croirait écrites pour les adolescents du 3 ème millénaire.
Les attitudes :
-les lèvres :
"Ne tiens pas ta bouche béante comme un niais."
"Il n'est pas convenable d'avancer de temps à autre les lèvres pour faire entendre une sorte de sifflement, d'enfler ses joues, qui est signe d'arrogance"
-le nez :
"Souffler bruyamment par les narines dénote un tempérament bilieux."
"Le ronflement est une marque de violence."
"Il est ridicule de faire passer sa voix par le nez, c'est bon pour les joueur de cornemuse et les éléphants."
"Froncer le nez est l'affaire des bouffons et des baladins."
Les attitudes du corps :
"Se croiser les bras en les entrelaçant est l'attitude d'un paresseux ou de quelqu'un qui porte défi."
"Que le pas ne soit ni trop lent ni trop pressé; l'un est d'un insolent, l'autre d'un écervelé."
"Jouer avec ses pieds, étant assis, est le fait d'un sot; gesticuler des mains est le signe d'une raison qui n'est pas intacte."
-la propreté :
"Il faut avoir soin de se tenir les dents propres; les blanchir à l'aide de poudre est tout à fait efféminé; les frotter de sel ou d'alun est nuisible aux gencives. Les laver avec de l'urine est une mode espagnole."
"C'est négligence que de ne pas se peigner, mais s'il faut être propre , il ne faut pas s'attifer comme une fille. Prends garde d'avoir des poux et des lentes, c'est dégoûtant."
-les vêtements :
Erasme rit "des femmes qui traînent de longues queues de robe" et plus encore "des hommes qui les imitent"
Est indécent "l'habit trop court pour cacher, si l'on se baisse, ce que l'on doit honnêtement cacher"
"Déchirer ses vêtements est le fait d'un fou."
"Porter des habits bariolés, c'est vouloir ressembler aux singes."
Les fonctions naturelles :
-Se moucher :
Les narines doivent être libres, "Avoir la morve au nez, c'est le fait d'un homme malpropre"
"se moucher avec son bonnet ou avec un pan de son habit, est d'un paysan; se moucher sur le bras ou sur le coude, d'un marchand de salaisons. Il n'est pas beaucoup plus propre de se moucher dans sa main pour l'essuyer ensuite sur ses vêtements. Il est plus décent de se servir d'un mouchoir, en se détournant s'il y a là quelque personne honorable. Si l'on se mouche avec 2 doigts et qu'il tombe de la morve par terre, il faut poser le pied dessus."
C'est sous le règne de louis XIV que se développe l'usage du mouchoir, du moins à la cour et dans la bourgeoisie.
-Éternuer :
"S'il t'arrive d'éternuer en présence de quelqu'un, il est honnête de se détourner un peu; quand l'accès est passé, il faut faire le signe de croix et... s'excuser ou remercier. C'est chose religieuse de saluer celui qui éternue."
-Cracher :
"Détourne toi pour cracher de peur d'arroser et de salir quelqu'un. S'il tombe à terre quelque crachat épais, pose ton pied dessus comme j'ai dit plus haut. Il ne faut lever le cœur à personne. Le mieux est de cracher dans son mouchoir."
-Les transferts :
"Retenir son urine est contraire à la santé; il est bienséant de la rendre à l'écart."
"Certains recommandent aux jeunes de retenir un vent, enserrant les fesses. Eh bien, il est mal d'attraper une maladie en voulant être poli."
Ces recommandations en disent long sur le sans-gêne avec lequel on satisfaisait à l'époque ses fonctions naturelles, mais aussi sur la liberté naïve d'en parler.
La tenue à table :
"Une fois assis, pose tes 2 mains sur la table et non pas jointes sur ton assiette"
"Commencer un repas par boire est le fait d'ivrognes qui boivent, non parce qu'ils ont soif, mais par habitude. C'est non seulement inconvenant, mais mauvais pour la santé."
"Il est grossier de plonger les doigts dans les sauces; que l'enfant prenne du plat, le morceau qu'il veut, soit avec son couteau, soit avec sa fourchette. Encore ne doit-on pas choisir par tout le plat comme le font les gourmets, mais prendre le morceau qui se présente."
"Lécher ses doigts gras ou les essuyer sur ses habits est également inconvenant ; il vaut mieux se servir de la nappe ou de sa serviette."
"C'est chose peu convenable que d'offrir à un autre un morceau dont on a déjà mangé."
Le coucher :
"Le tapage et le bavardage sont certainement encore plus répréhensibles au lit que partout ailleurs."
"Si tu partage un lit commun avec un camarade, ne te découvre pas, en t'agitant sans cesse et n'incommode pas ton compagnon en tirant à toi les couvertures. Avant de déposer ta tête sur l'oreiller, fais le signe de croix sur ton front et sur ta poitrine et recommande-toi au Christ par une courte prière. Fais de même le matin, aussitôt ton lever."
"Dès que tu te sera soulagé le ventre, ne fais rien avant de t'être lavé à grande eau le visage, les mains et la bouche."
Le fait que 2 personnes étrangères dorment dans le même lit ne choque pas Erasme; c'est donc un fait courant. Sa seule recommandation est de ne pas s'agiter pour ne pas gêner son compagnon. Quant à la toilette matinale, elle est succincte, mais la bouche n'est pas oubliée, même si la brosse à dent n'existais pas encore.
Un fouillis! Tout ce qui me passe par la tête, m'interpelle, me choque, m'amuse...
mardi 20 septembre 2011
lundi 19 septembre 2011
Enfants et Princes Charmants...
Pour en revenir au thème : ‘‘Nous sommes des grands enfants’’, une petite expérience vécue : c’est simple, il suffit que quelqu’un fasse passer les génériques des dessins animés des années 80 et 90 (merci le Club Dorothée !) pour que tout le monde se mette à chanter ! Même 15 ans après on se souvient encore des paroles. Ranma ½, Tic et Tac, BCBG, Denver, Candy, la bande à Picsou…On les connaît encore tous ! Allez, avouez…Vous êtes sur le point de lancer une recherche sur Youtube…
Par contre, ce qu’il y a de bien à notre âge, c’est qu’en plus d’avoir un PC qui nous permet de revoir ces dessins animés, on a également les moyens de se racheter les Walt Disney en DVD ! Histoire de se rappeler pourquoi on rêvait de ressembler à Ariel, Jasmine, Cendrillon ou Aurore (pour les filles en tout cas)…Et de constater à quel point les contes de fées nous ont bernées en nous créant des illusions sur le Prince Charmant ! Mais peu importe, mon Prince Charmant aujourd’hui, s’il n’est pas parfait, a en tous cas le mérite d’être réel ! Certes il ne chante pas et ne combat pas de dragons (encore que, au réveil, je ne suis pas toujours d’excellente humeur !). Mais au moins il a une personnalité plus étoffée qu’un guignol en collant moulant dont le seul talent est de pousser la chansonnette en chevauchant son destrier ! Voir d’ailleurs à ce sujet le très sympa ‘‘Il était une fois’’ avec le célèbre Docteur Mamour de Grey’s Anatomy.
Et puis, mon Prince Charmant à moi trouve mignon que j’aie du chocolat plein les lèvres quand je bois mon Nesquick du matin (parce que oui, moi le matin c’est encore et toujours du Nesquick, je n’ai pas honte de le dire !). Et en plus il est d’accord pour qu’on se rachète la collection des Disney en DVD…Que demander de plus ? :-)
Allez, juste pour vous faire plaisir, une vidéo souvenir (n'hésitez pas à ergarder la 2e partie sur youtube elle vaut le coup aussi!) :
Par contre, ce qu’il y a de bien à notre âge, c’est qu’en plus d’avoir un PC qui nous permet de revoir ces dessins animés, on a également les moyens de se racheter les Walt Disney en DVD ! Histoire de se rappeler pourquoi on rêvait de ressembler à Ariel, Jasmine, Cendrillon ou Aurore (pour les filles en tout cas)…Et de constater à quel point les contes de fées nous ont bernées en nous créant des illusions sur le Prince Charmant ! Mais peu importe, mon Prince Charmant aujourd’hui, s’il n’est pas parfait, a en tous cas le mérite d’être réel ! Certes il ne chante pas et ne combat pas de dragons (encore que, au réveil, je ne suis pas toujours d’excellente humeur !). Mais au moins il a une personnalité plus étoffée qu’un guignol en collant moulant dont le seul talent est de pousser la chansonnette en chevauchant son destrier ! Voir d’ailleurs à ce sujet le très sympa ‘‘Il était une fois’’ avec le célèbre Docteur Mamour de Grey’s Anatomy.
Et puis, mon Prince Charmant à moi trouve mignon que j’aie du chocolat plein les lèvres quand je bois mon Nesquick du matin (parce que oui, moi le matin c’est encore et toujours du Nesquick, je n’ai pas honte de le dire !). Et en plus il est d’accord pour qu’on se rachète la collection des Disney en DVD…Que demander de plus ? :-)
Allez, juste pour vous faire plaisir, une vidéo souvenir (n'hésitez pas à ergarder la 2e partie sur youtube elle vaut le coup aussi!) :
Chers amis...On a bien grandi...
Samedi soir, 23h, annif d'une copine, chez elle. Parmis les invités, presque uniquement des anciens de notre école. Tous dans la même classe en primaire (à peu de chose près), le même établissement en secondaire. Et soudain, pendant que je discute avec un ancien ''partenaire de bêtises'', un sourire en coin fleurit dans ma tête et emplit peu à peu ma poitrine. Entre notre conversation et celles que j'écoute d'une oreille indiscrète, un constat se pose...Nous avons décidément bien grandi!
Certes de nos jeunes années d'études à aujourd'hui le temps a passé. Je le sais. Nous avons chacun pris des chemins différents, suivis des études (ou pas) différentes, certains avec brio, d'autres moins. Certains sont allés au bout de leur première idée, d'autres ont changé de voie en cours de route...Et aujourd'hui nous revoilà tous réunis pour faire la fête, comme si on s'était quitté hier...
Ces retrouvailles, nous les devons à N. Partie s’installer en France il y a six ans, elle s’est réinstallée à Bruxelles depuis trois mois. Pour nous tous, son retour a changé quelque chose. Désireuse de retrouver son ancienne ''bande'' elle nous donne l'occasion de nous revoir progressivement. Après quelques années passées à s'éloigner les uns des autres, nous essayons désormais, grâce à elle, de nous voir plus régulièrement.
Et en cette soirée d'anniversaire, mon sourire en coin ne vient pas uniquement du constat de notre ''vieillissement'' ni même du plaisir de nos retrouvailles. C'est plus profond encore. En nous regardant j'ai l'impression furtive de toucher l'enfance du bout du doigt...Pour chacun de nous ou presque, j'ai un souvenir qui me vient en mémoire...N. et moi, à 14 ans, nous promenant pendant de longues heures en discutant de l'amour, la vie, tout ça...Les garçons, les profs nuls, les parents qui ne comprenaient rien à nos problèmes (c'est en m'entendant parler à ma petite sœur comme mon père que j'ai réalisé une fois de plus à quel point j'avais mûri...Voilà l'heure des premiers : ''De mon temps, à ton âge...'' qui arrivent! Aïe!)
Et ce soir, réunis comme avant, à côté des inévitables anecdotes sur nos années d'école, nous nous retrouvons à discuter ''comme des grands''. Finies les conversations sur les devoirs de math, sur qui a embrassé qui dans les toilettes, sur le nouveau clip des Backstreet Boys ou des Spice Girls (hum). Aujourd'hui nous parlons politique, actualités, sujets de société, et...Et...La plus grosse claque de la soirée: pension! À 25 ans, nous voilà en train de discuter plan épargne-pension, cotisations, estimation de notre pension mensuelle... Si on m'avait dit cela il y a 10 ans, j'aurais éclaté de rire: « Mais ouais c'est ça, la pension c'est pour les vieux ça, moi je m'en fous! »
L'après-midi encore j'expliquais à ma sœur que les années qu'elle doublerait (en espérant que ça n'arrive pas), seraient des années qui retarderaient le début de ses cotisations pour sa pension, et représenteraient donc une perte de revenus à long terme...Ce qui bien sûr n'a pas dû spécialement trouver écho en elle. La pension c'est loin encore pour une ado. Je ne peux pas lui en vouloir. Moi non plus à 15 ans quand on me parlait d'années perdues je ne comprenais pas ce qu'on me voulait! Perdues pour quoi? Maintenant je sais. C'est toujours après coup qu'on comprend...
Ces conversations, et la prise de conscience sur notre évolution dans la vie adulte qui les accompagne poussent à réfléchir. Ça a un côté déprimant (vive le syndrome de Peter Pan) et en même temps exaltant. Se dire qu'on en arrive à un âge où les projets de vie (qui Dieu merci ont bien changé depuis l'époque où on voulait être chanteuse ou astronaute. Heureusement nous sommes plus réalistes aujourd'hui !) commencent à se mettre en place. On a l'âge des premiers boulots, appart, mariages, bébés...Déprimant parce qu'on sait que l'avenir est en marche, qu'on le veuille ou non. Exaltant parce qu'après avoir joué aux apprentis adultes durant notre adolescence, on se retrouve maintenant à la place qu'on enviait tant à nos parents...Maîtres de notre vie, avec en plus une autonomie et une relative liberté financière (pour les plus chanceux d'entre nous). Parfois encore chez papa-maman, mais plus tout à fait dans le cocon familial, en tous cas plus forcément soumis à leurs règles...À l'heure où eux étaient déjà pour la plupart mariés, et nous en route, nous sommes aujourd'hui pris entre deux feux...Le confort et la familiarité de la maison parentale (sympa maman qui fait la lessive et le repassage) mais également l'envie de voler de nos propres ailes. Pour être enfin totalement libres de nos mouvements et maîtres de nos choix et décisions. Avec malgré tout la peur au ventre. Toutes ces responsabilités quand même! Ces contraintes, ces obligations. Et si on se plante? Qu'est-ce qu'on fait? Passé 25 ans, revenir s'installer chez papa-maman parce que ça n'a pas marché avec notre ex-chéri(e) ou qu'on s'est fait viré du boulot franchement ça ferait mal !
Pourtant malgré toutes ces considérations d’adultes et les discussions sérieuses qu’on peut avoir, nous restons, je pense, des (grands) enfants. Pour preuve, le thème des prochaines soirées dont on a discuté : soirée jeux (Monopoly, Cluedo…) ou films ‘‘de quand on était petits’’ (Richie Rich, Maman j’ai raté l’avion, Beethoven, Allô maman ici bébé…). Ils ont tous un petit goût de nostalgie, comme quand on revoit certains dessins animés et qu’on se souvient que dans la cour de l’école on jouait à Sailor Moon et à Dragon Ball Z…Kaméhaméhaaaaaaa !!!
Souvenirs, souvenirs…Je me demande si dans 5 ou 10 ans on reparlera encore de tout ça…Les méthodes qu’on employait pour tricher aux interros ou pour sécher les cours sans se faire pincer…Ou est-ce qu’on sera trop englué dans des réflexions sur l’éducation de nos enfants, les problèmes de boulot, les patrons tyranniques, le coût de la vie…Je trouverais ça dommage qu’on perde ce petit goût de l’enfance qu’on garde encore un peu aujourd’hui. Est-ce qu’on se verra seulement encore dans 10 ans ? On se la jouera peut-être à la Bruel…Rendez-vous place des Grands hommes ? Je pense qu’on l’espère tous un petit peu.
Pour ma part, j’ai toujours pensé que les amis qu’on s’est faits quand on était petits sont les gens qui nous connaitront toujours le mieux. Parce que même si on grandit, au fond de nous on garde toujours un peu l’enfant qu’on a été. Un petit grain d’insouciance qui de temps en temps nous fait dire : « Merde » en envoyant tout promener, et tant pis pour les conséquences ! Une peur irrationnelle qui nous saisit parfois et nous ramène 20 ans en arrière, à l’époque où on a débarqué dans une (nouvelle) école et qu’on avait peur de ne pas se faire d’amis. Le ‘‘non’’ des enfants, synonyme de révolte et de moue boudeuse quand on n’est pas d’accord avec quelque chose qu’on trouve injuste…
L’enfant qu’on était reste toujours vivant en nous, quoi qu’il arrive. Et de temps en temps, il se manifeste. Si on a la chance de compter encore parmi nos amis ceux qu’on avait déjà à 5 ou 10 ans, ce sont eux qui comprendront le mieux certaines de nos réactions. « Oh tu sais je ne m’étonne plus de rien, Emy a toujours été comme ça. À 8 ans elle nous faisait déjà ce genre de plans… » Oui et après ? Si t’es encore là, c’est que finalement ça ne te dérange pas tant que ça, non ? :-)
Alors à mes amis, anciens ou nouveaux, ceux qui étaient là dès le début et ceux qui sont venus par la suite, je vous dis merci. Merci d’avoir été là, de l’être resté ou de l’être à nouveau. J’espère vous garder encore longtemps dans ma vie…
Et maintenant : Pouvoir du prisme lunaire, transforme-moi ! :-)
Certes de nos jeunes années d'études à aujourd'hui le temps a passé. Je le sais. Nous avons chacun pris des chemins différents, suivis des études (ou pas) différentes, certains avec brio, d'autres moins. Certains sont allés au bout de leur première idée, d'autres ont changé de voie en cours de route...Et aujourd'hui nous revoilà tous réunis pour faire la fête, comme si on s'était quitté hier...
Ces retrouvailles, nous les devons à N. Partie s’installer en France il y a six ans, elle s’est réinstallée à Bruxelles depuis trois mois. Pour nous tous, son retour a changé quelque chose. Désireuse de retrouver son ancienne ''bande'' elle nous donne l'occasion de nous revoir progressivement. Après quelques années passées à s'éloigner les uns des autres, nous essayons désormais, grâce à elle, de nous voir plus régulièrement.
Et en cette soirée d'anniversaire, mon sourire en coin ne vient pas uniquement du constat de notre ''vieillissement'' ni même du plaisir de nos retrouvailles. C'est plus profond encore. En nous regardant j'ai l'impression furtive de toucher l'enfance du bout du doigt...Pour chacun de nous ou presque, j'ai un souvenir qui me vient en mémoire...N. et moi, à 14 ans, nous promenant pendant de longues heures en discutant de l'amour, la vie, tout ça...Les garçons, les profs nuls, les parents qui ne comprenaient rien à nos problèmes (c'est en m'entendant parler à ma petite sœur comme mon père que j'ai réalisé une fois de plus à quel point j'avais mûri...Voilà l'heure des premiers : ''De mon temps, à ton âge...'' qui arrivent! Aïe!)
Et ce soir, réunis comme avant, à côté des inévitables anecdotes sur nos années d'école, nous nous retrouvons à discuter ''comme des grands''. Finies les conversations sur les devoirs de math, sur qui a embrassé qui dans les toilettes, sur le nouveau clip des Backstreet Boys ou des Spice Girls (hum). Aujourd'hui nous parlons politique, actualités, sujets de société, et...Et...La plus grosse claque de la soirée: pension! À 25 ans, nous voilà en train de discuter plan épargne-pension, cotisations, estimation de notre pension mensuelle... Si on m'avait dit cela il y a 10 ans, j'aurais éclaté de rire: « Mais ouais c'est ça, la pension c'est pour les vieux ça, moi je m'en fous! »
L'après-midi encore j'expliquais à ma sœur que les années qu'elle doublerait (en espérant que ça n'arrive pas), seraient des années qui retarderaient le début de ses cotisations pour sa pension, et représenteraient donc une perte de revenus à long terme...Ce qui bien sûr n'a pas dû spécialement trouver écho en elle. La pension c'est loin encore pour une ado. Je ne peux pas lui en vouloir. Moi non plus à 15 ans quand on me parlait d'années perdues je ne comprenais pas ce qu'on me voulait! Perdues pour quoi? Maintenant je sais. C'est toujours après coup qu'on comprend...
Ces conversations, et la prise de conscience sur notre évolution dans la vie adulte qui les accompagne poussent à réfléchir. Ça a un côté déprimant (vive le syndrome de Peter Pan) et en même temps exaltant. Se dire qu'on en arrive à un âge où les projets de vie (qui Dieu merci ont bien changé depuis l'époque où on voulait être chanteuse ou astronaute. Heureusement nous sommes plus réalistes aujourd'hui !) commencent à se mettre en place. On a l'âge des premiers boulots, appart, mariages, bébés...Déprimant parce qu'on sait que l'avenir est en marche, qu'on le veuille ou non. Exaltant parce qu'après avoir joué aux apprentis adultes durant notre adolescence, on se retrouve maintenant à la place qu'on enviait tant à nos parents...Maîtres de notre vie, avec en plus une autonomie et une relative liberté financière (pour les plus chanceux d'entre nous). Parfois encore chez papa-maman, mais plus tout à fait dans le cocon familial, en tous cas plus forcément soumis à leurs règles...À l'heure où eux étaient déjà pour la plupart mariés, et nous en route, nous sommes aujourd'hui pris entre deux feux...Le confort et la familiarité de la maison parentale (sympa maman qui fait la lessive et le repassage) mais également l'envie de voler de nos propres ailes. Pour être enfin totalement libres de nos mouvements et maîtres de nos choix et décisions. Avec malgré tout la peur au ventre. Toutes ces responsabilités quand même! Ces contraintes, ces obligations. Et si on se plante? Qu'est-ce qu'on fait? Passé 25 ans, revenir s'installer chez papa-maman parce que ça n'a pas marché avec notre ex-chéri(e) ou qu'on s'est fait viré du boulot franchement ça ferait mal !
Pourtant malgré toutes ces considérations d’adultes et les discussions sérieuses qu’on peut avoir, nous restons, je pense, des (grands) enfants. Pour preuve, le thème des prochaines soirées dont on a discuté : soirée jeux (Monopoly, Cluedo…) ou films ‘‘de quand on était petits’’ (Richie Rich, Maman j’ai raté l’avion, Beethoven, Allô maman ici bébé…). Ils ont tous un petit goût de nostalgie, comme quand on revoit certains dessins animés et qu’on se souvient que dans la cour de l’école on jouait à Sailor Moon et à Dragon Ball Z…Kaméhaméhaaaaaaa !!!
Souvenirs, souvenirs…Je me demande si dans 5 ou 10 ans on reparlera encore de tout ça…Les méthodes qu’on employait pour tricher aux interros ou pour sécher les cours sans se faire pincer…Ou est-ce qu’on sera trop englué dans des réflexions sur l’éducation de nos enfants, les problèmes de boulot, les patrons tyranniques, le coût de la vie…Je trouverais ça dommage qu’on perde ce petit goût de l’enfance qu’on garde encore un peu aujourd’hui. Est-ce qu’on se verra seulement encore dans 10 ans ? On se la jouera peut-être à la Bruel…Rendez-vous place des Grands hommes ? Je pense qu’on l’espère tous un petit peu.
Pour ma part, j’ai toujours pensé que les amis qu’on s’est faits quand on était petits sont les gens qui nous connaitront toujours le mieux. Parce que même si on grandit, au fond de nous on garde toujours un peu l’enfant qu’on a été. Un petit grain d’insouciance qui de temps en temps nous fait dire : « Merde » en envoyant tout promener, et tant pis pour les conséquences ! Une peur irrationnelle qui nous saisit parfois et nous ramène 20 ans en arrière, à l’époque où on a débarqué dans une (nouvelle) école et qu’on avait peur de ne pas se faire d’amis. Le ‘‘non’’ des enfants, synonyme de révolte et de moue boudeuse quand on n’est pas d’accord avec quelque chose qu’on trouve injuste…
L’enfant qu’on était reste toujours vivant en nous, quoi qu’il arrive. Et de temps en temps, il se manifeste. Si on a la chance de compter encore parmi nos amis ceux qu’on avait déjà à 5 ou 10 ans, ce sont eux qui comprendront le mieux certaines de nos réactions. « Oh tu sais je ne m’étonne plus de rien, Emy a toujours été comme ça. À 8 ans elle nous faisait déjà ce genre de plans… » Oui et après ? Si t’es encore là, c’est que finalement ça ne te dérange pas tant que ça, non ? :-)
Alors à mes amis, anciens ou nouveaux, ceux qui étaient là dès le début et ceux qui sont venus par la suite, je vous dis merci. Merci d’avoir été là, de l’être resté ou de l’être à nouveau. J’espère vous garder encore longtemps dans ma vie…
Et maintenant : Pouvoir du prisme lunaire, transforme-moi ! :-)
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